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Les nouveaux anti-libéraux

Voilà maintenant plusieurs années que des contresommets et des manifestations accompagnent les rencontres des grandes institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) 1. Souvent présenté comme la naissance d’une société civile et d’une opinion publique internationales, ce phénomène constitue avant tout un renouvellement de la critique du capitalisme dans un contexte où le libéralisme apparaissait comme l’idéologie victorieuse de l’après-Guerre froide. À défaut de proposer une alternative concrète au capitalisme, cette critique se caractérise essentiellement par son rejet de la gestion libérale de l’économie (privatisation, déré- gulation, ouverture commerciale). D’où l’appellation antilibérale que nous lui donnons. De plus, elle ne s’articule plus autour de la notion de lutte des classes mais plutôt autour d’une opposition entre le marché et la figure emblématique du citoyen, et se concentre sur les conséquences de la mondialisation de l’économie. Enfin, son mythe mobilisateur n’est plus, contrairement aux années 1960 et 1970, la révolution mais la résistance. Il convient de noter que cette critique post-révolutionnaire se concentre sur le libéralisme économique tout en se nourrissant des principes du libéralisme politique, notamment de la référence aux droits individuels et collectifs 2. Cependant, dans un réflexe quelque peu schizophrène, cette dette à l’égard du libéralisme politique est occultée. Le libéralisme se trouve ainsi réduit à un « ultra-libéralisme » préconisant un « capitalisme sauvage », ce qui, paradoxalement, suggère dans un même temps l’existence d’un libéralisme raisonnable et d’un capitalisme civilisé dont, pourtant, les opposants à la mondialisation ne semblent vouloir parler.

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