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Délit de sale gueule

Ils pensaient faire un contrôle habituel, mais ils se retrouvent à présent au coeur d'une polémique. Le 19 juin dernier, deux policiers américains demandent à une conductrice noire de se ranger. L'un d'eux s'approche de la voiture pendant qu'elle saisit son permis de conduire avant de le tendre dans sa direction. "Pour qui travaillez-vous?" lui demande l'agent. "Je suis procureure de l'État," répond Aramis Ayala, première et seule femme afro-américaine à occuper ce poste en Floride. En quelques secondes, alors qu'elle lui demande les raisons de son contrôle, le policier perd complètement ses moyens. D'une voix tremblante et bégayante, il lui explique qu'il n'a pas réussi à identifier son immatriculation et, finalement, que ses vitres teintées semblent trop foncées. Ennuyée, la procureure leur demande leurs cartes professionnelles, qu'ils n'ont pas sur eux. La situation s'inverse. Ils notent finalement les informations demandées par la magistrate avant de lui souhaiter une bonne journée. Pour les internautes, qui ont découvert la vidéo sur les réseaux sociaux, il est clair que la procureure a été victime de délit de faciès. De nombreux médias anglophones se sont par ailleurs rangés à cette idée. Interrogée par The Independant, Aramis Alaya indique qu'elle n'a "violé aucune loi". "L'immatriculation était correctement enregistrée et la teinture des vitres n'est, en aucun cas, contraire à la loi en Floride." Elle regrette cependant la tournure prise par cette histoire. "Mon but est de construire une relation de respect mutuel entre la population et les autorités, a déclaré la procureure. J'attends à présent d'avoir une discussion ouverte avec le chef de la police d'Orlando afin de déterminer à quel point cet incident peut impacter mon objectif." La procureure Alaya s'est récemment fait connaitre pour avoir refusé la condamnation à mort de Markeith Loyd, accusé du meurtre d'un policier et de sa petite-amie enceinte. Le gouverneur de Floride Rick Scott l'avait retirée de cette affaire sous prétexte qu'elle refusait de "se battre pour la justice". Une décision remontée jusqu'à la Cour Suprême. Depuis cette prise de position, Aramis Alaya est régulièrement victime de lettres et e-mails à caractère racistes et violents.

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